Presse

Ils en causent dans les media….

MIREPOIX, 16/O8/2012 Article de Damie Chad
http://krtnt.hautetfort.com/archive/2012/09/05/kr-tnt-108-number-9-juke-joints-blues.html

MIREPOIX / 16 / O8 / 2012

JUKE JOINTS BAND

 

 

On ne prend pas les mêmes et on recommence. Cette fois les cafés s’y sont mis à deux ; Le Castignole et l’Atmospher ( qui est juste à côté de la Cardamone, pour que vous ne soyez pas tout à fait perdu ). Z’ont pas coupé l’orchestre en deux, l’ont installé sur la rue, de toutes les manières interdite à la circulation, qui sépare nos deux abreuvoirs à touriste. Il y a du monde mais je subodore que beaucoup sont venus pour profiter de la fraîcheur de la nuit tombante que poussés par un amour immodéré du blues…

De loin, ça ne paye pas de mine, deux micros, une guitare sèche, deux petits amplis – de ceux que l’on branche dans sa salle à manger quand on veut embêter les voisins. Sont toute une tribu juste à côté à se restaurer. L’attente ne sera pas bien longue. Voici que tout le monde se lève et que l’on commence à brancher les fils électriques.

Première surprise, comme par miracle surgit – jusqu’alors invisible – une grosse contrebasse de derrière un pilier où elle se tenait cachée. Deuxième miracle, avec le gars perché à moitié sur le tabouret, la gratte sur les genoux, et l’autre qui trifouille dans ses poches à la recherche de ses harmonicas, il faut se rendre à l’évidence, le quatrième pistoléros de la bande ne fait que chanter ! Enfin un groupe avec un véritable chanteur !

 

Juke Joints Band, un nom qui pue le blues rural à plein nez, ben non, fatale erreur. Ce n’est pas non plus de l’english blues boom électrifié à outrance. N’y a qu’à entendre les premières mesures du premier morceau et la voix de velours éraillé de Chris Papin pour comprendre. Sittin’ on the dock of the bay, d’Otis Redding, nous sommes sur le versant rhythm’n’blues de la musique noire américaine. Quelque part entre Muddy Waters et les studios Stax.

Ca fait un peu penser au traitement survitaminé qu’Eric Burdon fit subir au vieux blues traditionnel dans les années soixante. En moins électrique, même si la guitare de Ben Jacobacci ( quel nom prédestiné ! ) à fond de caisse mène un train d’enfer. Etrangement c’est l’harmonica de Thierry Kraft – mériterait un papier à lui tout seul – qui sonne hyper électrique. Mais ce n’est pas si surprenant que cela quand on se rappelle Sony Boy Williamson. Le deuxième. Quoique le premier soit du même tonneau.

Pas de batterie donc. Mais elle ne manque pas. Le grondement de basse de Damien Papin y supplée magnifiquement. Son jeu très swing entre en résonnance avec les cordes de Ben, lui offrant une profondeur de son sur lequel ce dernier peut s’amuser à confectionner de délicieuses broderies. A l’emporte pièce, travail de précision mais pas dans la dentelle, balance du jus au grand galop.

Et puis au milieu il y a Chris Papin. Vous déchire les tympans de bonheur. Bonimenteur aussi, donne le nom des morceaux, évoque le chanteur original, explique et traduit les paroles, prend le temps d’éduquer le public. Après il balance the voice : coulis de framboise mijoté dans le Southern Comfort. S’arrache les amygdales sur chaque note, souffle dans le même temps qu’il vous époustoufle. Joe Tex, Tony Joe White, Aretha Franklin ( très belle version du Proud Mary du Credence Clearwater Revival ).

Que des reprises, mais l’ensemble est original. Un son, une approche, une idée. Un esprit surtout. Celui du vieux blues, joie de jouer et chaque morceau comme un coup de poing à la bêtise du vieux monde. Ne parlent pas de le refaire, mais essaient d’y survivre sans se renier. Le blues est un combat qui se livre chaque jour dans les arrières cours de la révolte à l’abandon.

Ne faut pas dépasser la fatidique limite des onze heures mirapiciennes. Le concert n’est pas passé comme une lettre à la poste mais comme un boulet de canon. Trop vite, trop beau, trop fort. En reste des images incrustées dans la rétine et les oreilles, le foulard rockabilly peau de panthère de Thierry Kraft cramponné à ses harmos comme le diable à ses trousses. L’âme du vent et de la tempête. La brillance qui s’allume dans les yeux de Chris Papin chaque fois qu’il cause du blues. Encore un possédé, qui n’est pas près de quitter les fourneaux de l’enfer.

Le Juke Joints Band est un peu à géométrie variable. Se débrouillent pas mal puisque j’ai vu des affiches de concert un peu partout sur le département. Chris Papin habite dans la camionnette qui transporte le matos. Ensuite tout est question de rencontres, d’occasions, d’amitiés et de feeling. A voir le nombre de CD ( emballage des plus simples et pochette sans affectation ) qui se sont vendus après le set, le groupe a fait mouche. Mouche Blues.

JJB. JUKE JOINTS BAND. LIVE IN MONBEL.

DUST MY BROOM. SAN FRANCISCO BAY BLUES. ONE MEAT BALL. HEY HEY. STEAMY WINDOWS. GUARD MY HEART. UNDERCOVER AGENT FOR THE BLUES. HELP ME. ROLLIN’AND TUMBLIN’. HOOCHIE COOCHIE MAN. START IT UP. COME ON MY KITCHEN. I GOT MY MOJO WORKING.

Ben Jacobacci : guitare acoustique. Chris Papin : chant. Thierry Kraft : harmonicas. Jeff Benabdelkader : guitare acoustique. Damien Papin : harpo-basse. Special Guest : Uncle Steff : dobro.

Contacts : Ben : 06 22 76 11 28 / Chris : 06 82 33 16 55 / Mail : jjb.blues@gmail.com / http :// jjb-music.com

C’est un live, enregistré à Montbel, au bar-bouffe de L’Ecume des Jours. Y passent tous les groupes et gratouilleux du coin. Une adresse irremplaçable dans le 09, question musique vivante.

L’on y retrouve Juke Joints Band, tel qu’en lui-même ou du moins tel qu’il fut à Mirepoix. Passez les deux premiers titres, un San Francisco Bay Blues un peu trop folk à notre goût et un Dust my Broom qui oublie de balayer dans les coins. Morceau d’ouverture et l’on ne sait pas trop pour quoi l’on s’embarque. Ensuite, dès One Meat ball ce n’est que régal sur régal, Thierry Kraft s’ attelle à l’harmo et le miel lui coule de la bouche. Vous pouvez y aller les frelons, c’est du super choix, sans compter que Chris se livre à un petit festival sur la fin, du genre attendez, on peut en rajouter encore.

Hey Hey de Big Bill Bronzy, aux racines country-folk du blues et les acoustiques se déchaînent avec un contrepoint de basse à mourir de plaisir. Chris nous termine aux petits oignons. Puis il enchaîne sur Steamy Window de Tony Joe White, une de ses gâteries préférées vu le soin qu’il se donne à introduire le morceau.

Superbe Hoochie Coochie Man, les guitares s’en donnent à coeur joie et le morceau s’étire comme les boucles du Mississipi. L’harmo de Kraft paresse voluptueusement comme un steamboat à aubes, n’y a qu’à fermer les yeux pour partir en croisière. Star it up de Robin Ford pour nous réveiller. Mais l’on termine en beauté Come on in my Kitchen de Robert Johson et I got my mojo working. Quoi que vous fassiez l’on revient toujours dans les eaux boueuses du blues. Et croyez-moi, c’est une bande d’alligators aux dents aiguisées qui nagent de concert et de conserve dans ce satané bocal de Juke Joints Band.

Z’avez intérêt à en avoir un flacon planqué sur vos étagères pour régaler les amis.

Damie Chad.



Actualités » Grand Sud » Aveyron – La Dépêche du Midi
Villefranche-de-Rouergue. Juke Joints Band : le blues dans la peau (04/05/2012)
http://www.ladepeche.fr/article/2012/05/04/1345578-villefranche-de-rouergue-juke-joints-band-le-blues-dans-la-peau.html
Ont-ils passé un pacte avec le diable comme le légendaire bluesman américain Robert Johnson (un de leurs mentors) ? ! En tout cas, ils ont le blues « chevillé » à la voix pour l’un et aux dix doigts pour le deuxième. Ils… C’est le Juke Joints Band, du nom éponyme de ces lieux informels qu’on trouve dans l’État du Mississipi où l’on écoute du blues authentique en buvant une bière. Il y a d’abord Chris Papin, chanteur interprète bien connu dans la région car il a sévi dans de nombreuses formations (les dernières en date : kap Blues et les ZEnnemis ZIntimes) et il y a Ben Jacobacci, guitariste basé dans le Tarn qui s’est déjà essayé à de nombreux styles entre le rock, la musique africaine et le jazz. Il chante également dans un groupe vocal nommé « Les Chromatisés ». Leur rencontre était inévitable et l’osmose musicale totale depuis un an. Ils se produisent en duo mais le JJB peut aussi se décliner en plusieurs versions en particulier avec un très talentueux harmoniste originaire de l’Ariège, Thierry Kraft.
Cette semaine, Damien Papin, le fiston à Chris, accompagne le Juke Joints Band à la contrebasse et à l’harpo-basse pour 2 concerts : l’un chez Piccolo à Vabre-Tizac ce vendredi 4 mai à 21 heures, l’autre demain, samedi 5 mai à L’Ardoise à 21 h 30. Ambiance et grand frisson garantis avec ce trio de choc qui revisite le blues de Roben Ford en passant par Sonny Boy Williamson, Calvin Russel et le maître Ray Charles. À savourer et à consommer sans modération.

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